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Sous le signe du Z

Datsun 240Z (photo WheelsAge - Nissan)

Datsun 240Z

A l’occasion de la présentation, par GT Spirit, du Nissan Z proto, je vous propose de faire un voyage dans le temps, aux origines de la famille Fairlady et plus particulièrement, du premier coupé signé du célèbre Z, le Datsun 240Z.

Nous sommes en 1958. Cette année-là, Nissan – qui porte encore le nom de Datsun – présente un petit roadster dénommé S211 Sports. Fortement inspiré par l’Austin Healey contemporaine, ce roadster est dérivé de la berline 211. En 1960, la S211 évolue et prend alors le nom de Fairlady, en référence à la comédie musicale My Fair lady qui fait fureur aux Etats-Unis, le premier marché visé par le constructeur japonais.

Datsun S211 Fairlady (photo WheelsAge – Nissan)

En 1961, la famille Fairlady s’agrandit avec l’arrivée d’un nouveau roadster, le SP310. Elaboré sur la base de la Bluebird, il se distingue par son design très dynamique qui évoque celui de la MG-B présentée un an plus tard ! Cette nouvelle automobile séduit et remporte un vrai succès au Japon et surtout, aux Etats-Unis.

Datsun Fairlady SP310 (photo WheelsAge – Nissan)

En 1969, un coupé sportif fait son apparition aux côtés du roadster. Dénommé 240Z, il est animé par un six cylindres de 2,4L développant la puissance de 150 chevaux. Avec sa ligne qui évoque les plus belles sportives du moment, sa motorisation dynamique, ses liaisons aux sols performantes et sa finition hors pair, cette Datsun se permet de concurrencer avec talent la Porsche 911. C’est un véritable succès, au Japon bien sûr, aux USA mais aussi en Europe et notamment, en France.

Datsun Fairlady 240Z (photo WheelsAge – Nissan)

Elle est faite pour séduire le plus grand nombre, pour impressionner les profanes, pour retenir l’attention du connaisseur, et le but est atteint.

André Costa, l’Auto-Journal n°1 du 15 janvier 1972

Essayé par André Costa pour l’Auto-Journal (n°1 du 15 janvier 1972), il s’agit, d’après le journaliste, « de la première voiture nippone se présentant en concurrente redoutable pour toutes les voitures de sport européennes ».

Ce n’était pourtant pas gagné d’avance… il faut dire qu’à l’époque, les voitures japonaises n’ont pas bonne presse en France. Critiquées pour leurs prestations dynamiques elles sont en outre perçues comme de véritables menaces par nos constructeurs nationaux. André Costa, qui n’était visiblement pas motivé par l’essai de la Datsun, débute ainsi son article : « j’ai plutôt un faible pour les japonais ; si tant est que l’on puisse juger globalement un peuple, je le trouve intelligent, agréable à fréquenter et doté d’une grande vivacité d’esprit. […] Ce bouquet de compliments étant déposé aux pieds de mes amis nippons, je n’en serai que plus à l’aise pour déplorer que leurs voitures ne valent pas leurs appareils photographiques ».

Que s’est-il donc passé au volant de cette 240Z ?

Malgré un premier contact visiblement « peu engageant » en raison d’une direction visiblement déroutante lors de la première prise en main, le journaliste est rapidement séduit par les performances de la Datsun : « par rapport à une Porsche 911 T avec laquelle il est difficile de ne pas établir instinctivement une comparaison, la vitesse de pointe est très exactement comparable ». Du côté de la tenue de route, « la 240Z tient sa trajectoire avec un flegme quasi imperturbable, quels que soient le vent, la pluie, les camions que l’on double et le souffle de leur sillage, etc. En virage, la maniabilité est très grande et la voiture reste longtemps équilibrée sur ses quatre roues avant qu’apparaisse une discrète tendance à sous-virer ».

André Costa est également conquis par le design de cette nouveauté : « nous avons affaire à un coupé très aérodynamique dont la filiation pourrait être recherchée quelque part entre Coventry et Stuttgart. Jusqu’au pare-brise, le capot fait insidieusement penser à la Jaguar Type E. […] En revanche, la partie postérieure s’apparente sous certains angles au style Porsche avec, il est vrai, quelques relents de petite Ferrari. […] Elle est faite pour séduire le plus grand nombre, pour impressionner les profanes, pour retenir l’attention du connaisseur, et le but est atteint ».

L’engouement d’André Costa est partagé par l’ensemble de la profession et la 240Z se voit même décerner le prestigieux trophée du Car of the year en 1971.

En 1973, la 240Z évolue et s’appelle alors 260Z. Elle devient disponible en version deux places et, c’est nouveau, en version 2+2. Dans ce dernier cas, son dessin évolue avec un empattement plus long et une découpe de la vitre arrière légèrement différente.

Datsun 280Z (photo WheelsAge – Nissan)

Sa carrière prend fin en 1978. Au total, 523.529 exemplaires ont été diffusés dont 457.238 ont été exportés !

La lignée des Fairlady Z se poursuit avec l’arrivée, cette même année, de la 280ZX qui deviendra par la suite, la 300ZX.

Nissan 300ZX (photo WheelsAge – Nissan)

En 1989, Nissan présente une nouvelle génération de la 300ZX qui se pose alors en concurrente de la Porsche 928.

Nissan 300ZX (photo WheelsAge – Nissan)

En 2002, la marque dévoile le Z Concept qui préfigure la 350Z commercialisée un an plus tard. En 2008, la 370Z prend la relève de la 350Z.

Nissan 370Z (photo WheelsAge – Nissan)

En 2020 enfin, Nissan présente un superbe concept-car qui préfigure le futur de la lignée Z. Dénommé Fairlady Z proto, ce coupé est animé par V6 biturbo de 405 chevaux accouplé à une boîte de vitesses manuelle. Sportive et racée, sa ligne est un hommage appuyé à la longue lignée des Fairlady commercialisées par la marque de Yokohama.


La miniature

GT Spirit a présenté il y a peu le Nissan Fairlady Z proto au 1/18ème. Une très belle miniature à découvrir en détail dans la rubrique Voitures miniatures.


Pour aller plus loin

Dans ma bibliothèque…

L’histoire de la marque Nissan est assez peu connue en dehors de quelques rares spécialistes. Bernard Vermeylen a publié aux éditions ETAI un ouvrage très complet qui présente l’histoire et l’ensemble des modèles produits par le constructeur japonais. Intitulé Nissan, planète automobile, ce livre est disponible sur le site de l’éditeur.

Toujours aux éditions ETAI, le journaliste Xavier Chauvin a publié un livre intitulé Nissan Fairlady Z, le samouraï du bitume qui détaille l’histoire ce cette belle sportive japonaise.

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