Une petite histoire de la Renault 19

OttOmobile a présenté il y a peu une jolie Renault 19 Chamade 16S au 1/18ème. Une voiture que les plus jeunes d’entre vous n’ont probablement jamais eu l’occasion de croiser sur la route. Au-delà de son moteur qui se voulait être aussi sportif que celui de la Golf 16S ou de la 309 GTI 16, cette Chamade bénéficiait d’un look plutôt sympathique. Voici l’histoire de la Renault 19 et de sa déclinaison trois volumes, la Chamade.


La miniature

OttOmobile vient de présenter une très jolie Renault 19 Chamade 16S au 1/18ème. La présentation détaillée de cette miniature est à lire sur le blog de lov4wheels ! (cliquez ICI pour y accéder)


X53… c’est le nom du projet démarré en 1984 qui doit donner vie à la remplaçante des Renault 9 et 11 à l’horizon 1988. Renault s’est fixé des objectifs très ambitieux pour cette future voiture qui prendra le nom de Renault 19. Elle doit pouvoir supplanter la Golf en Europe et surtout, atteindre un niveau de qualité jamais atteint jusqu’alors sur les modèles commercialisés par la marque au losange.

Projet Renault X53. La future Renault 19 se profile à l’horizon (extrait du livre Renault 19 édité par Renault lors du lancement de la R19 – archives lov4wheels)
Projet Renault X53 (extrait du livre Renault 19 édité par Renault lors du lancement de la R19 – archives lov4wheels)
Projet Renault X53 – la planche de bord (extrait du livre Renault 19 édité par Renault lors du lancement de la R19 – archives lov4wheels)

Après 7,5 millions de kilomètres d’essais réalisés dans toutes les conditions possibles et imaginables, X53 est déclarée bonne pour le service.

(Ci-dessus et ci-dessous) La future Renault 19 est soumise à de nombreux essais avant sa commercialisation (extrait du livre Renault 19 édité par Renault lors du lancement de la R19 – archives lov4wheels)

Au milieu de l’année 1988, la Renault 19 est officiellement dévoilée.

1988, voici la Renault 19 ! Ici une version haut de gamme dénommée TXE (photo Renault)

Pour L’Action Automobile et Touristique (n°324, juillet – août 1988), c’est, d’après Yves Bey-Rozet, un véritable « Changement de cap. Depuis des années, c’était le calme plat dans le secteur des petites berlines familiales dominé, au plan européen, par la VW Golf. Et voilà que, tout d’un coup, le paysage s’anime avec la sortie en rafale de deux voitures aussi différentes qu’intéressantes chacune dans son style : la Fiat Tipo et la Renault 19. Ce nouveau cheval de bataille de la Régie, appelé à remplacer les R9 et 11, marque une évolution notable et même une petite révolution dans la mentalité Renault. Il était temps… »

Dessinée par Giorgetto Giugiaro, la Renault 19 bénéficie, selon le journaliste de l’AAT, d’une « allure assez germanique, à la manière des réputées Golf et Kadett qu’il va falloir affronter ailleurs qu’en France. Heureusement, la patte de Giugiaro, en collaboration avec les stylistes maison, lui donne une élégance qui ne retire rien à sa force apparente. Le becquet arrière, qui évoque celui de l’Alpine en moins proéminent, lui procure même un zeste de fantaisie ».

Le goût de la force… voici la publicité de lancement de la R19 (archives lov4wheels)

La Renault 19 est, dès son lancement, disponible en versions trois et cinq portes avec quatre motorisations spécifiques : trois moteurs essence et un Diesel. Une version sportive équipée d’un moteur à 16 soupapes de 140 ch est quant à elle annoncée officiellement par Renault.

Les premiers essais permettent de confirmer les impressions de sérieux et de qualité véhiculées par le design de la R19. Le Moniteur Automobile publie dans son numéro du 21 juillet 1988 l’essai complet et détaillé de toute la gamme sous la plume de Jean-Jacques Cornaert.

La conclusion est valorisante pour la nouvelle venue : « Dans notre dossier de présentation de la Renault 19 publié il y a quelques semaines, nous avions émis l’idée que ses concepteurs avaient peut-être puisé leur inspiration en Allemagne et au Japon. Après quelques milliers de kilomètres parcourus au volant des différentes versions, cette impression est renforcée. Son style tout d’abord […] la nouvelle venue a plus de personnalité que la 21. […] Ils ont voulu lui donner un aspect robuste, c’est réussi puisque certains lui trouvent un air de famille avec l’Opel Kadett et il est certain que la VW Golf a été prise en exemple. […] Au total, c’est assurément une bonne voiture ».

En 1989, la gamme est complétée par une déclinaison à quatre portes et malle apparente dénommée Renault 19 Chamade. Dessinée par le bureau de Design Renault, la Chamade s’est allongée de 11 cm par rapport à la berline 19 et mesure 4,26 m. Ses concurrentes se nomment alors Ford Orion, Lancia Prisma, Volkswagen Jetta, Opel Kadett, Toyota Corolla et Mazda 323. Elle dispose des mêmes finitions et motorisations que la version 5 portes. C’est une déclinaison très attendue, notamment pour les marchés d’Europe du Sud et d’Amérique du Sud.

Une version tricorps enrichi la gamme en 1989 : c’est la 19 Chamade ! (photo Renault)

Au mois de mai 1990, alors que Renault présente en grande pompe sa nouvelle Clio, la 19 16S fait enfin son apparition après avoir été maintes et maintes fois décalée en raison de problèmes de mise au point. Développant 140 ch, son nouveau moteur lui permet d’abattre le 0 à 100 km/h en 9,1s et d’atteindre 215 km/h en vitesse de pointe. Elle s’attaque à de véritables stars à l’instar de la VW Golf 16S et de la Peugeot 309 GTI16.

Attendue depuis le lancement de la gamme, la version sportive dénommée 16S intègre la gamme en 1990 (photo Renault)
La planche de bord de la 16S (photo Renault)

Quelques mois plus tard, ce moteur 16S fait son apparition sous le capot de la Renault 19 Chamade. A l’instar des versions 3 et 5 portes, cette dernière bénéficie d’habillages spécifiques qui améliorent grandement son esthétique et la rendent plutôt séduisante. Certains trouvent même que cette version est la plus réussie au niveau du design.

La 19 Chamade a elle aussi droit à sa version 16S quelques mois après la berline (photo Renault – ci-dessous extrait du catalogue Renault 19 – archives lov4wheels)

Cette berline sportive a été essayée dans le numéro 746 d’Auto Hebdo publié le 26 septembre 1990. La 19 Chamade 16S était alors opposée à la BMW 318iS.

Bien que le combat s’annonce inégal, la Chamade ne démérite pas. Parmi les points positifs, le journaliste JF Guittard note que : « En comportement, la Chamade impose de nouveaux standards, au même titre que la 19 deux volumes. La tenue de route est impressionnante avec ce qu’il faut de facilité pour demeurer sûre en toutes circonstances ». La 19 a fait également de gros progrès en termes de qualité et « la planche de bord n’arrive pas au niveau de celle de la bavaroise, mais c’est tout de même convenable et en tout cas moins austère ». Gros point faible, le moteur ! Trop typé 16 soupapes, il faut le cravacher pour qu’il délivre toute sa puissance. Et le verdict est sans appel : « L’esthétique du moteur Renault est assez sympathique mais c’est tout ce qu’on peut lui trouver de bien par rapport à la redoutable concurrence actuelle ».

En 1991, une motorisation Turbo Diesel fait son apparition et la gamme est complétée par une très sexy Renault 19 Cabriolet produite par le spécialiste allemand Karmann (de dernier produit également la Golf cabriolet). Cette accueille sous son capot deux moteurs essence dont le bloc 16S.

La 19 Cabriolet… superbe ! (photo Renault)

Un an plus tard, toute la gamme bénéficie d’un profond restylage. La ligne évolue en profondeur tout comme l’habitacle qui bénéficie d’une nouvelle planche de bord aux lignes plus douces. De nouvelles finitions apparaissent, à l’instar, en 1993, de la luxueuse version Baccara qui bénéficie de superbes sièges en cuir et d’une finition haut de gamme.

En 1996, la R19 s’efface avec l’arrivée de la nouvelle Megane. Sa carrière se poursuivra à l’international jusqu’en 2000. Elle sera produite à près de six millions d’exemplaires et sera même la voiture étrangère la plus vendue en Allemagne en 1989 et 1990. A l’heure du bilan, la R19 a parfaitement répondu aux objectifs qui lui avaient été fixés par la Régie et elle a réussi à atteindre des standards de qualité inconnus jusqu’alors sur les modèles frappés du losange.


La Renault 19 en images

Publicité pour la Renault 19 (1988)
L’essai de la R19 16S par Turbo relayé sur la chaine You Tube « Archives Automobiles« 

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