Ford Escort RS Turbo

La commercialisation par OttOmobile d’une très belle Ford Escort RS Turbo est pour moi l’occasion de vous raconter l’histoire de ce cheval sauvage…. Tout commence en 1968 avec la présentation de l’Escort Mk1.


Ford Escort RS Turbo by OttOmobile

En matière d’Escort, OttOmobile n’en est pas à son coup d’essai. L’Escort Mk4 a déjà été proposée vue au catalogue dans une séduisante XR3i de couleur noire et dans la version RS Turbo de couleur blanche. Ces modèles étant épuisés depuis longtemps, c’est avec bonheur que les fans ont vu arriver la RS Turbo dans sa livrée rouge ! Ce modèle est détaillé dans la rubrique Miniatures automobiles.


En 1968, Ford Europe lance une petite berline sur laquelle l’entreprise fonde de grands espoirs. Dénommée Escort, cette voiture est disponible en de multiples versions de façon à pouvoir séduire le plus grand nombre. Pari gagné !

Ford Escort MkI 1968 (photo Ford)

En 1975, elle s’efface devant la nouvelle Escort, dite Mk2. Là encore, l’Escort connait un grand succès et sa renommée est assurée par les succès qu’elle remporte dans les nombreuses courses automobiles auxquelles elle participe.

Ford Escort Mk2 (photo Ford)

En 1980, Ford opère une véritable révolution ! L’Escort Mk3 est en effet totalement renouvelée et passe de la propulsion à la traction. Signé Thomas Plath sous la direction de Patrick le Quément (lire aussi l’article Rencontre avec Patrick le Quément), son design change radicalement et permet à l’Escort de rentrer de plain-pied dans les années 80. L’Escort est alors disponible en 3 et 5 portes, en break et, pour la première fois de son histoire, dans une séduisante déclinaison cabriolet.

Surfant sur la vague GTI, Ford propose rapidement son Escort dans des versions sportives : XR3, XR3i et RS 1600i complètent ainsi la gamme.

Ford Escort Mk3 XR3i (photo Ford)

En 1985, Ford présente l’Escort suprême : la RS Turbo ! Avec ses 130 ch, son 0 à 100 km/h abattu en 8,2 secondes et son look ultra sportif, cette Escort a les dents longues… Malheureusement, elle souffre, comme ses sœurs moins puissantes, de liaisons au sol qui manquent terriblement de rigueur et la RS Turbo ne peut rivaliser avec les stars de l’époque.

Ford Escort Mk3 RS Turbo (photo Ford)

En 1986, Ford revoit sa copie et présente l’Escort Mk4. Profond restylage de la précédente édition, cette Escort est une nouvelle fois déclinée en différentes versions sportives et la RS Turbo figure encore au catalogue.

Ford Escort Mk4 RS Turbo (photo Ford)

Dans son numéro 308 publié en février 1987, l’Action Automobile publie un comparatif entre la toute nouvelle Peugeot 309 GTI, l’Opel Kadett GSi, la VW Golf GTI 16S et l’Escort RS Turbo. Voici quelques extraits de ce dossier passionnant.

Dans son numéro 308 publié en février 1987, l’Action Automobile publie un comparatif mettant en avant l’Escort RS Turbo (archives lov4wheels)

« Fraîchement restylée, l’Escort RS Turbo ne manque pas d’atout, on s’en doute. Elle annonce la couleur, c’est écrit dessus : « Turbo ». Le mot magique est lâché, avec tout ce qu’il sous-entend d’efficacité, mais aussi de violence, voire de brutalité et généralement de gloutonnerie […] Désormais très rapide, elle possède cette fois des accélérations qui concordent avec sa puissance. […] Dès le ralenti, le moteur Ford émet un grondement sourd, qui ne fait que s’amplifier à mesure qu’il est sollicité. Le caractère de la RS Turbo en devient plutôt joyeux au fil des tours / minute ».

Malgré ces premiers commentaires enthousiastes, nos essayeurs du jour ne se battent pas pour s’assoir dans le baquet du conducteur : « Tout le monde appréhendait un peu d’en prendre le volant. “Chat échaudé…“ et sur ce plan, la précédente version nous avait gâtés. Elle donnait l’impression d’avoir affaire à un assemblage disparate, composé de trains avant et arrière, rarement en accord, auxquels on aurait adjoint un différentiel auto bloquant générateurs de réactions plutôt brutales, le tout violemment agressé par un moteur turbo mal contenu par une transmission trop démultipliée. Le rêve. Sensations fortes garanties surtout lorsqu’il s’agissait de croiser un autre automobiliste sur une route mal revêtue. […] Ford a eu l’idée saugrenue (sur cette nouvelle version, ndlr) de supprimer les tirants de chasse, spécifiques aux précédentes RS et destinées à améliorer le guidage médiocre du train avant d’origine ».

Colossale surprise. Contre toute attente, la RS Turbo nouvelle, n’a plus rien du cheval de rodéo.

L’Action Automobile, février 1987

Pourtant, « sur chaussée glissante, l’Escort s’avère immédiatement la plus efficace sans être pour autant ardue à conduire. […] Et puis, l’adhérence limitée sollicite moins les suspensions dans leur ensemble. On verrait bien sur le sec… Et là, colossale surprise. Contre toute attente, la RS Turbo nouvelle, n’a plus rien du cheval de rodéo. Malgré l’absence des fameux tirants, mais grâce à des ressorts et amortisseurs revus, tout se passe dans la meilleure entente. […] La RS apparaît moins comme une sportive pure et dure (à garder sur la route). Son train avant s’avère moins directeur mais suffisamment efficace pour assurer un équilibre neutre. En tout cas, l’Escort ne louvoie plus, ne distribue plus de ruades et passe absolument toute la puissance au sol. Stupéfiant. Espérons seulement que tous les clients bénéficieront d’un compromis aussi miraculeux ».

L’habitacle de la première RS Turbo était très apprécié, en est-il de même avec cette nouvelle version ? Laissons nos essayeurs parler. « Les sièges sont toujours de parfaits baquets Recaro. Installés très bas, ils procurent de loin la meilleure position de conduite, la plus résolument sportive en tout cas. L’ancienne RS présentait un petit volant à trois branches parfaitement homogène dans ce contexte et bien agréable. Pourquoi l’avoir remplacé par un accessoire qui serait plus à sa place dans un Diesel ? […] En règle générale, la planche de bord fait trop « Escort de base » et n’a plus aucun caractère sportif ».

L(habitacle de l’Escort RS Turbo. Extrait de l’article publié dans l’Action Automobile en février 1987 (archives lov4wheels)

En conclusion, « l’Escort RS Turbo restera la grande révélation de cette confrontation. Sérieusement revue et corrigée, elle revient moins fougueuse, mais tellement plus efficace et sûre. Chère, elle peut justifier son prix par l’auto bloquant et l’anti blocage qui, montés en série, contribuent grandement à ses nouvelles qualités routières. Avec son vigoureux moteur Turbo et sa position de conduite « rallye », elle ne manque pas de caractère ».

Ford Escort RS Turbo 1986 (photo Ford)

L’Escort est remplacée en 1990 par… l’Escort Mk5 qui sera rendue célèbre grâce à sa version sportive, la Cosworth !

En 1998 la Ford Focus fait son apparition sur le marché automobile, la carrière de l’Escort prend fin.


La Ford Escort RS Turbo en vidéo

De nombreuses vidéos de l’Escort RS Turbo sont disponibles sur You Tube. En voici une qui la présente face à l’une de ses rivales de l’époque : l’Opel Kadett !

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