La Renault 6

Considérée par certains comme une petite R16 et par d’autres, comme une grosse R4, la Renault 6 est aujourd’hui complètement tombée dans l’oubli. OttOmobile vient de rendre un bel hommage à celle qui a motorisé de nombreuses familles pendant les années 70 et 80 en reproduisant au 1/18ème une version TL de couleur orange. L’occasion pour lov4wheels de revenir sur l’histoire de cette jolie petite Renault qui fut aussi utilisée par les plus grands à l’instar de Valéry Giscard d’Estaing ou de Louis de Funès.


La miniature

Après avoir reproduit de nombreuses Renault, OttOmobile a décidé de s’attaquer à la Renault 6, un choix qui devrait ravir tous les passionnés de la marque au losange ! Pour ce premier opus, le fabricant breton a porté son dévolu sur un modèle de l’année 1976 équipé de la calandre aux phares carrés. Un modèle à découvrir dans la rubrique Voitures miniatures.


C’est pendant l’été 1968 que Renault présente sa Renault 6 qui vient compléter une gamme déjà riche composée des R4, R8, R10 et R16. Basée sur la 4L avec qui elle partage sa plate-forme, son moteur de 845 cm3 développant 34 ch et ses trains roulants, la nouvelle R6 se veut plus spacieuse et plus luxueuse. Son style est quant à lui inspiré par celui de la Renault 16 présentée à la fin de l’année 1964.

Une des premières maquettes du projet qui donnera vie à la Renault 6 (photo Renault)
La Renault 6 telle qu’elle se présente lors de son lancement (photo Renault)

La Renault 6 est plutôt bien accueillie par la presse comme en témoigne l’essai publié dans l’Auto-Journal spécial salon 1969 : « A Montlhéry, chauffeur seul à bord, nous avons atteint la vitesse réelle de 124,9 km/h. Avec quatre personnes, nous sommes parvenus à boucler le meilleur tour à 123,6 km/h. Sur la route, cette 5 CV Renault prend parfois difficilement de la vitesse mais lorsqu’elle l’a acquise, elle la conserve longtemps et se tient beaucoup mieux dans les faux plats, par exemple, que la R4. […] Quant à la tenue de route, pour les vitesses atteintes, la nouvelle Renault offre une sécurité routière assez surprenante. En virage, l’angle d’inclinaison de la caisse est important mais les quatre roues restent collées au sol, quel que soit l’état du revêtement. La pluie et le vent n’inquiètent pas outre mesure le conducteur qui n’est nullement obligé de lever le pied. La conduite est aussi grandement facilitée par la nouvelle direction plus directe qui, conjointement avec la chasse importante des roues avant, donne des résultats spectaculaires. Le volant, exempt de réactions, n’est jamais ferme ni fatigant et la voiture réagit à la moindre sollicitation. En virage serré, le conducteur n’est pas obligé de tourner exagérément la direction et celle-ci revient en ligne droite d’elle-même, immédiatement après. […] A l’intérieur, l’habitabilité est bonne à l’avant, tandis qu’à l’arrière la place pour les jambes reste limitée. […] Le tableau de bord assez pauvre, est toutefois agréablement présenté […] Bien entendu, la banquette arrière se replie complétement et même se dépose assez facilement, ce qui donne une grande surface utile ».

Cette nouvelle Renault trouve rapidement son public et sa commercialisation s’étend rapidement en dehors de nos frontières.

En 1970, alors que Citroën lance sa GS et que la gamme Renault s’enrichi d’une puissante R12 Gordini, la Renault 6 accueille sous son capot un moteur de 1108 cm3 issu de la R8 Major. Ce dernier développe la puissance de 45 ch ce qui permet à la Renault 6 de répondre au principal grief qui lui était adressé : son manque de puissance ! Elle peut ainsi affronter plus sereinement les récentes Simca 1100, Citroën GS et Peugeot 204, des voitures autrement plus menaçantes que la Citroën Dyane à laquelle on a souvent comparé la Renault 6 lors de son lancement.

Le catalogue de la Renault 6 pour l’année 1973. La 1100 est à l’honneur ! (archives lov4wheels)
Extrait du catalogue de la Renault 6 pour l’année 1973 (archives lov4wheels)

Cette version 1100 est essayée dans le n°121 de l’Action Automobile publié en octobre 1970. Alain Bertaut, l’essayeur vedette du magazine, nous dit qu’avec ce nouveau moteur, « la Renault 6 prend une personnalité différente, tant il est vrai que la puissance est toujours un avantage appréciable. La vitesse de croisière se trouve augmentée facilement de 20 km/h et l’agrément de conduite est considérablement amélioré du fait que l’on se trouve dans l’obligation de solliciter beaucoup moins la boîte de vitesses pour obtenir un bon rendement. La conduite n’a pas changé et il est intéressant de constater que la vitesse plus élevée est parfaitement tolérée par la voiture. […] Il ne s’agit plus d’une petite voiture économique mais d’une voiture moyenne économique, offrant des performances satisfaisantes et un usage aussi pratique ».

La nouvelle Simca 180 et la Renault 6 TL sont à l’honneur du n°121 de l’AAT publié en 1970 (archives lov4wheels)
La 6 TL est à l’essai dans l’AAT n°121 publié en 1970 (archives lov4wheels)

Dans l’Auto-Journal, c’est Bernard Carat qui réalise l’essai de cette nouvelle version de la Renault 6 dans le numéro 23 publié en novembre 1970. Pour lui aussi, cette version 1100 est une toute autre voiture : « avec sa nouvelle mécanique et les aménagements qui en découlent, la Renault 6 a quitté l’orbite de la R4 pour se rapprocher de la série R16. Ses performances et même sa souplesse sont améliorées, tandis que la consommation s’élève à l’excès avec les hautes vitesses. Certains usagers, surtout les femmes, lui reprocheront le durcissement de sa direction, mais sa tenue de route est restée au même ,niveau élevé de sécurité. La nouvelle boîte de vitesses est très avantageuses tandis que le bruit a diminué d’intensité. Pour le moment, Renault ne propose que la version luxe TL, mais le modèle standard est prévu, toujours en 1100 cm3. A notre sens, il faut utiliser la nouvelle Renault pour l’apprécier, car sa carrosserie reste d’un goût discutable et son aspect banal ne plaide pas en sa faveur ».

Couv AJ 1970 - Renault 6
Une couverture exceptionnelle pour ce numéro 23 de l’Auto-Journal publié en novembre 1970. La nouvelle Renault 6 TL est à l’essai dans ce numéro ! (archives lov4wheels)
Extrait de l’essai de la R6 TL publié dans l’Auto-Journal en 1970 (archives lov4wheels)
Extrait de l’essai de la R6 TL publié dans l’Auto-Journal en 1970 (archives lov4wheels)

En 1974, deux ans après le lancement de la très moderne Renault 5, la Régie Renault présente une Renault 6 profondément modifiée grâce à un restyling touchant principalement sa face avant. Les chromes disparaissent au bénéfice du plastique noir. La 6 quitte ainsi les monde des sixties pour entrer de plain-pied dans les seventies !

1974… la Renault 6 se refait une beauté ! (archives lov4wheels)

A l’avant, la fine calandre et les optiques rondes sont remplacées par une large calandre en plastique noir encadrée par deux phares carrés. Les feux arrière évoluent également tout comme les pare-chocs qui bénéficient d’une nouvelle forme. L’intérieur n’est pas en reste avec, notamment, l’arrivée de nouveaux sièges.

Un nouveau look pour la Renault 6 (archives lov4wheels)

La Renault 6 nouvelle version est essayée par Alain Bertaut dans l’Action Automobile n°160 du mois de décembre 1973. Sa conclusion est assez cinglante pour la R6 : « Rien de radicalement nouveau mais la confirmation de qualités discrètes au service d’une petite berline familiale sans prétentions mais homogène ».

La Renault 6 reliftée est dans l’AAT n°160 du mois de décembre 1970 (archives lov4wheels)

Les changements opérés par Renault ne permettent pas aux ventes de la Renault 6 de progresser et dès l’année 75, les chiffres baissent inexorablement.

En 1976, l’Auto-Journal réalise un grand comparatif opposant la Renault 6 TL à ses rivales. Ce dernier s’avère sans appel pour la petite Renault : « depuis sa naissance, la Renault 6 est en porte-à-faux et elle est certainement le modèle de ce constructeur qui a été le plus mal accueilli par les spécialistes. Sa carrosserie disgracieuse est responsable en premier chef de cet état de fait bien que la deuxième version soit en net progrès à cet égard. Depuis longtemps on prédit la fin de sa carrière mais elle est toujours là, solide au poste, et s’exporte bien sur certains marchés. […] En fait, la 6 n’est qu’une 4 un peu étoffée, utilisant même une plate-forme similaire et une suspension identique. Sur la version TL qui nous occupe aujourd’hui, le moteur est un 1108 cm3 développant 47 chevaux DIN. […] En s’installant au volant de la 6 TL, on est d’abord surpris par la mauvaise accessibilité due à l’étroitesse des portières avant. Puis la position très verticale du volant étonne un peu. […] Sans doute par hasard, la voiture dont nous dispositions pour notre essai s’est révélée très supérieure sur le plan des performances à celles essayées précédemment. Le moteur tournait parfaitement rond, prenait du régime à plaisir et les performances nous ont agréablement surpris. […] Sur toutes les routes empruntées, la 6 TL s’est bien comportée et même sur autoroute elle fait encore bonne figure. Sa tenue de route, elle aussi, inspire confiance dès que l’on s’est habitué aux fortes inclinaisons de la caisse en virage. […] Même si elle ne disparaît pas dans les mois qui viennent, la Renault 6 arrive en fin de course après une carrière honnête mais jamais très brillante. Elle va devoir subir les assauts de la Renault 14 et aura bien du mal à s’en relever. Pour le même prix, on peut avoir une Peugeot 104 ou une Simca 1100. Ce seul rapprochement nous dispense de commentaires assez… désobligeants ».

La Renault 6 fait encore la Une de l’Auto-Journal en 1976 (archives lov4wheels)
L’essai de la 6 TL réalisé par l’Auto-Journal en 1976 (archives lov4wheels)

La voiture poursuit alors sa carrière sans changements majeurs et le 26 décembre 1979, la dernière Renault 6 produite en France quitte l’usine de Billancourt. Les modèles restant en stock seront écoulés en 1980.

La production de la Renault 6 se poursuit néanmoins en Argentine, en Colombie et en Espagne, trois pays friands de ce modèle. Elle sera commercialisée jusqu’en 1984 en Amérique du Sud et jusqu’en 1986 en Espagne. Au total, Renault aura vendu près 1,750 millions de R6 dans le monde, ce qui en fait un vrai succès pour la marque.

Nous avions l’habitude de le voir au volant de Citroën DS ou ID. Dans la vie de tous les jours, Louis de Funès roulait en Renault 6 ! Cette photo est issue du numéro de Paris Match publié à la suite du décès du célèbre acteur (archives lov4wheels)

Pour en savoir plus

Dans ma Bibliothèque

La Renault 6 de mon père – ETAI

La Renault 6 de mon père aux éditions ETAI : un livre passionnant ! (photo ETAI)

Bernard Vermeylen et Michaël Thivet viennent de publier chez ETAI le premier ouvrage dédié à la Renault 6. Intitulé La Renault 6 de mon père ce livre est passionnant. Il retrace la genèse de la Renault 6, sa carrière en France et à l’international ainsi que les évolutions, année par année, du modèle. Les auteurs n’ont pas oublié de détailler les versions dérivées de la R6 à l’instar de la célèbre Rodéo 6. Un incontournable !


La Renault 6 sur POA

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